jeudi 29 août 2013

Un an déjà !


En ce 29 août 2013, le blog souffle modestement sa première bougie. Bien que le bilan soit bien maigre avec seulement trois chroniques au compteur, je n'en suis pas moins très fière et motivée à enrichir ce blog (à un rythme plus régulier je l'espère). 

Pour diverses raisons (études universitaires prioritaires, envies de lecture erratiques, rédaction de chroniques lente, ne pas prévoir une chronique pour tout ce que je lis...), je ne peux garantir une fréquence de chroniques soutenue. De plus, étant un tantinet perfectionniste, je ne ferai jamais l'impasse sur la qualité pour des contraintes de temps.

Je tiens à rappeler que sur ce blog, je donne mon avis personnel pour promouvoir l'imaginaire et surtout pour avoir un échange avec mes lecteurs voire les rencontrer lors des festivals (Utopiales et Imaginales en l'occurrence). N'hésitez donc pas à commenter mes chroniques, c'est le seul retour que je peux avoir sur ce que je fais ! 

Pour finir, je vais vous faire part d'un projet que j'aimerais réaliser pour la rubrique jeux vidéo. En effet, il me paraît plus pertinent pour ce type de support d'agrémenter ces chroniques écrites d'une vidéo illustrative où je jouerai au jeu tout en le commentant. Je compte aussi promouvoir les jeux indépendants, surtout ceux qui ont besoin de soutien sur Greenlight et/ou Kickstarter. Là encore il faudra être patient car je compte tester de préférence les jeux que j'aurai fini entièrement et bien entendu le montage vidéo va demander du temps.

Si l'année prochaine le bilan est plus fructueux et les lecteurs plus nombreux, j'essaierai d'organiser un petit concours ! 

Voici un petit rappel des liens menant aux chroniques rédigées à ce jour : 


lundi 19 août 2013

Les Imaginales 2013


Bon il serait peut-être temps de publier ce billet... En effet, Monsieur Cerise et moi-même sommes allés à notre premier festival de l'imaginaire cette année : les Imaginales 2013. L'expérience fût dense et très enrichissante mais elle est passée du coup à toute vitesse !

Au total pas moins de 10 conférences toutes plus intéressantes les unes que les autres (Des mondes inquiétants : le grand retour des dystopies ; Guerre de l'eau, pollution, sécheresse : bienvenue dans un monde nouveau ! ; Créateurs d'univers... Faiseurs de rêves ! ; Définir l'humain : aux sources de l'imaginaire dickien ; Mondes terrifiants, mondes flamboyants ! ; Dans l'antichambre des maîtres... Traduire et approcher les auteurs américains ; La Fantasy urbaine : réenchanter notre époque ! ; Le Fantastique... une lecture plaisir ! ; L'espace fait-il encore rêver ? SF et aventure... ; La SF... une lecture plaisir !), deux entretiens (Alastair REYNOLDS et Lucius SHEPARD) et la remise des prix des Imaginales.

J'ai même bravé ma timidité pour discuter plus ou moins longtemps avec Alastair REYNOLDS, Johan HELIOT, Fabien CLAVEL, Stéphane BEAUVERGER, Laurent GENEFORT, Lionel DAVOUST, Olivier PERU, Laurent WHALE, Yvan BIDIVILLE et Laurence SUHNER. Nous avons eu l'occasion de rencontrer Nicolas FRUCTUS, Jean-Daniel BREQUE et les 42 au stand du Bélial. Ils sont tous très intéressants et fort sympathiques !

J'ai adoré l'ambiance très conviviale de ce festival. En plus, détail non négligeable, la nourriture est bonne et à un prix très raisonnable ! J'étais déçue de voir l'absence d'un stand Elbakin mais j'ai quand même pu juste avant de partir rencontrer Valérie/Witch. Je n'ai aussi malheureusement pas consacré beaucoup de temps aux différents blogueurs présents à cause du timing serré. Ce n'est que partie remise (j'espère) !

Nous avons été raisonnables niveau achats, personnellement je me suis concentrée sur les livres qui m'intéressaient le plus à ce moment-là et qui pouvaient être dédicacés. Bien sûr ils sont tous dédicacés sans exception (voire triplement dédicacé pour Le Calice du Dragon de Monsieur Cerise) !

Bon l'avantage de publier ce billet en retard est que je peux vous annoncer que je serai présente du 31/10 au 03/11 inclus aux Utopiales 2013 et du 23/05 au 25/05 inclus aux Imaginales 2014 ! L'attente est insupportable ! William GIBSON et Peter WATTS seront notamment au rendez-vous ! J'ai hâte de pouvoir discuter avec les auteurs, assister à des conférences passionnantes et qui sait cette fois peut-être rencontrer quelques blogueurs !

samedi 1 juin 2013

Une Chanson pour Lya - George R. R. MARTIN


Titre (VF/VO): Une Chanson pour Lya et autres nouvelles/ 
A Song for Lya and other stories
Auteur : George R. R. MARTIN 
Traduction :  Monique CARTANAS et M.-C. LUONG
Édition : J'ai Lu
Illustration : Marc SIMONETTI 
Genre : Science-Fiction
Format : Novella/Nouvelles
Première parution VO : 1976
Dernière parution VF : 2013
Pages : 320
Prix : 6,90 euros


Tout le monde connait George R.R. Martin, au moins de nom, depuis l'intérêt considérable que la saga du Trône de Fer a suscité avec son adaptation télévisée. Cependant, l'auteur a derrière lui une longue carrière littéraire, qui débuta bien avant le Trône de Fer (saga qui a déjà elle-même plus de quinze ans !). Cette partie de son œuvre semble malheureusement méconnue chez nous, et c'est bien dommage ! Saviez-vous qu'il excelle aussi bien en SF et en format nouvelle ? Laissez-moi vous en convaincre avec Chanson pour Lya !

Chanson pour Lya est la novella du recueil auquel elle a donné le nom. Un couple de Terriens, ou plus exactement de Talents, sont envoyés sur la planète Ch'kéa afin d'enquêter sur la religion locale, le Culte de l'Union. En effet, ce couple possède des capacités spéciales, Robb peut "sonder" les émotions des gens et Lyanna sait lire dans leurs pensées. Le but de l'enquête est de comprendre pourquoi tous les habitants de Ch'kéa, y compris les humains, deviennent Adhérents et acceptent d'aller jusqu'à l'Union finale autrement dit acceptent à terme de se suicider/sacrifier au nom du Culte. 
J'ai beaucoup aimé cette novella très immersive qui nous amène à nous interroger sur la définition de l'amour et sur la solitude ontologique des êtres vivants, c'est-à-dire l'impossibilité aux êtres vivants d'assouvir leur désir de fusion mentale et physique afin de tout connaître de l'être aimé.

Au matin tombe la brume est une belle nouvelle très terre à terre qui nous pose la question de la légitimité de la vérité et le rôle qu'y joue la science. En effet, la planète Spectralia de par son système climatique particulier a engendré la rumeur qu'elle serait habitée par des spectres. C'est cette rumeur qui a fait de Spectralia un site touristique, une critique est donc faite sur l'incapacité de ces touristes à s'émouvoir du paysage. Le problème est de savoir si cette rumeur est vraie ou fausse mais surtout si la vérité s'impose d'elle-même ou s'il est bon parfois de la mettre sous silence, car la science cherchera toujours à connaître la vérité. Je tiens à signaler que j'ai beaucoup aimé la conclusion ironique de cette nouvelle mais je ne la citerai pas pour éviter de gâcher la surprise. Cependant, je me permets de noter ce petit clin d’œil aux Chroniques Martiennes : Dans le courant de la conversation, je lui dis que j'étais né à Bradbury, pendant des vacances que mes parents passaient sur Mars.

Il y a solitude et solitude ou comment devenir un fou isolé dans l'espace ! A travers son journal intime, un Terrien nous relate l'attente de son remplaçant à bord du vaisseau Charon. En effet, unique habitant de l'Anneau stellaire de Cerbère depuis quatre ans, il est le seul chargé de passage des astronefs. On peut donc comprendre qu'il ait envie de rentrer sur Terre, surtout que son départ était en fait une fuite surtout motivée par une peine de cœur... Mais où diable est le Charon ?!
La chute est intéressante mais je n'ai pas vraiment adhéré à cette nouvelle car je suis restée insensible voire agacée par la psyché du personnage.
On remarquera un petit clin d’œil à deux chansons de Simon & Garfunkel : The Sound of Silence et I am a Rock, I am an Island.

C'est fou ce qu'on est capable de faire Pour une poignée de volutoines ! Matt Kabaradjian va en faire la douloureuse expérience ! En effet, Matt exerce un métier très particulier sur la planète Spéléa : il est chargé de récolter des pierres précieuses appelées volutoines avec comme main d’œuvre... des cadavres qu'il peut contrôler par la pensée à l'aide d'un appareil ! Bien sûr cette méthode étonnante adoptée par ces travailleurs ne fait pas l'unanimité auprès des autres colons, ce qui va faire naître un conflit. Cette nouvelle est centrée sur une scène d'action prenante dont la conclusion ne peut qu'être cruelle.

Le Héros dénommé John Kagen, un mercenaire natif des mondes guerriers de Wellington, aimerait prendre sa retraite sur Terre. Alors qu'une guerre se prépare, accepteront-ils d'abandonner un de leurs meilleurs éléments, qui plus est un guerrier né, à un repos mérité sur Terre ? Bien que la fin soit prévisible et glaçante, j'ai beaucoup aimé comment elle est amenée et surtout le cynisme dégagé par le commandant et ses méthodes. Il est question aussi indirectement de réfléchir à la possibilité de s'extraire de sa condition : Kagen, guerrier durant toute son existence, peut-il encore déposer les armes ?

J'ai été très enthousiaste à la fin de ma lecture de L'éclaireur ! Pourtant, l'histoire débute très simplement et on ne voit pas vraiment où l'auteur veut en venir. Une guerre particulièrement destructrice sur Terre force les Hommes à se réfugier dans des souterrains, où ils finiront par s'adapter voire muter suite à la trop forte radioactivité en surface. Pendant ce temps, une colonie lunaire fondée avant le conflit lutte pour sa survie, oubliée de la Terre. Des années plus tard, une expédition est envoyée sur Terre par ces colons afin de chercher des survivants et lancer une politique de repeuplement. Le cœur de la nouvelle repose donc sur la rencontre potentielle entre ces deux populations.
J'ai beaucoup apprécié comment l'auteur illustre l'incompréhension réciproque entre "colonisateurs et colonisés". La surprise de Von der Stadt et les dialogues qui en découlent sonnent terriblement justes, évitant l'écueil du manichéisme.
Décidément, George R. R. MARTIN a un faible pour Simon & Garfunkel car il y fait encore une allusion dans cette nouvelle.

VSL est surement la nouvelle la plus courte que j'ai lu (5 pages). En cela, il me paraît très difficile d'en parler correctement sans spoiler. Le problème du physicien Kinery est simple : pourquoi la fondation VSL refuse de financer ses recherches sur le moteur hyperespace ? La réponse est assez étonnante !

Première et unique déception de ce recueil à mon sens : La sortie de San Breta. Il s'agit d'une simple histoire d'autoroute hantée par un accident dans un futur où seuls quelques nostalgiques des routes les utilisent encore. De même que nos fantômes du futur naissent des morts violentes de notre temps. N'ayant pas du tout la passion des voitures, la nostalgie de l'ère automobile m'a laissé de marbre.

Diaporama dépeint le triste sort de Becker, un ex-commandant de vaisseau pour l'entreprise ESPACE, muté contre son gré et à présent chargé de faire de la promotion sur Terre auprès de potentiels financeurs. On assiste dans cette nouvelle à une joute oratoire entre Becker et un médecin venu récolter des fonds pour son dispensaire. Cette confrontation d'idées est intéressante car elle nécessite un vainqueur mais les deux points de vues sont louables. La victoire se jouera donc sur d'autres critères...

En conclusion, je vous recommande chaudement de lire ce fascinant recueil. Pour ma part, cet auteur est devenu une valeur sûre et je compte rapidement dévorer entamer ses deux autres recueils Des Astres et des Ombres et Les Rois des Sables. Je suis curieuse aussi de découvrir Elle qui chevauche les tempêtes, en collaboration avec Lisa TUTTLE.
Et maintenant, qu'est ce que vous attendez pour lire du George R. R. MARTIN ?

[EDIT du 01/02/2014]
Quel fut mon étonnement en apprenant dans le recueil Au fil du temps de George R. R. MARTIN qu'une nouvelle manquait au sommaire de mon exemplaire de Chanson pour Lya (1982) ! Heureusement, ce recueil a eu droit en 2013 à une édition révisée et augmentée de cette nouvelle inédite. D'ailleurs, sa couverture signée Marc SIMONETTI est superbe ! J'avoue que j'avais des a priori négatifs au départ parce que je ne porte absolument pas le football dans mon cœur ! Il y a néanmoins une ambiguïté dans la traduction car il s'agit en fait de football américain. Et surtout, on se rend vite compte que le sport en lui-même ne constitue pas le cœur thématique de la nouvelle.

Imaginez un tournoi de football américain organisé sur Terre, auquel cherche à participer une équipe d'extraterrestres en paix depuis peu avec l'Humanité ! Le Run aux étoiles nous expose d'une manière intelligente et intéressante les problèmes qu'une telle situation peut poser. L'accent est surtout mis sur l'aspect politique, mais le texte tient aussi compte de l'aspect physiologique (problème d'équité). La race extraterrestre décrite dans la nouvelle est aussi intéressante en elle-même pour son fonctionnement social. Je peux vous assurer que même en étant une bille en sport comme moi, on s'immerge très facilement dans cet univers ! Au final, malgré mes craintes, cette nouvelle a complètement sa place dans ce recueil qui confirme son excellence !

Je tiens à préciser que l'ordre des nouvelles est fidèle à la parution initiale en VO mais je ne cautionne pas du tout ce choix ! Selon moi, une nouvelle/novella donne son appellation au titre du recueil s'il s'agit de l'écrit le plus représentatif ou le plus long. J'ai lu Une Chanson pour Lya en premier, la place la plus adaptée ! En aucun cas, elle ne doit être lue en dernier ! Ce choix a été renouvelé pour Les Rois des Sables, j'y reviendrai en détail quand je le chroniquerai mais à mon sens, ça a vraiment desservi la nouvelle !

NB : The Sound of Silence de Simon & Garfunkel me semble de rigueur, n'est-il pas ?


CITRIQ

dimanche 10 mars 2013

Singulier Pluriel - Lucas MORENO

  
Titre : Singulier Pluriel
Auteur : Lucas MORENO
Édition : Hélice Hélas
Illustration : Krum 
Genre : Science-Fiction/Fantastique
Format : Nouvelles
Parution : 2012 
Pages : 240
Prix : 16 euros
 

Encore un auteur dont je n'avais pas du tout entendu parler ! Certains d'entre vous le connaissent sûrement via la revue littéraire audio Utopod qui a cessé toutes activités depuis 2010. Personnellement, je l'ai découvert récemment grâce à Bifrost. Je vous épargne tout suspense inutile car j'ai tout simplement adoré, même si je n'ai pas adhéré à 100% à certaines nouvelles. Le recueil est séparé en deux parties, une partie dite fantastique et une partie dite science-fictive. L'auteur excellant dans les deux genres, quelle que soit votre préférence, vous passerez forcément un bon moment !

Partie I : Fantastique

Singulier Pluriel est donc la première nouvelle, dont l'ambiance donne clairement le ton de la première partie de ce recueil. Un jeune de moins de trente ans à l'existence particulièrement creuse rencontre un couple de nouveaux voisins. Ces derniers, véritables puits de connaissances à tel point qu'ils en deviennent effrayants, déclenchent en lui un immense appétit de savoirs et d'expériences nouvelles. 
La nouvelle est très courte, avec une  ambiance intensément glauque. On comprend le titre ainsi que la réflexion associée dans la chute, sombre, surprenante et sur laquelle par conséquent je ne dirai rien.

Le meilleur' ville dou monde est dans la continuité de l'ambiance de la nouvelle précédente. La cité en question, Angel-sur-Coffrane, a la particularité de contenir le même nombre d'habitants depuis les années 80. Certains disparaissent et d'autres s'installent, mais de sorte que le nombre d'habitants reste constant. Voilà un phénomène pour le moins étrange. Le narrateur de l'histoire, lassé de cet "Éden de clodos", rencontre un type bizarre ayant enfin trouvé sa "meilleur' ville dou monde" (ce dernier parle assez mal). L'occasion de procéder à un échange : l'un reste, l'autre part. Mais celui-ci ne peut pas se faire n'importe comment...
Encore une fois, il s'agit d'une nouvelle à chute. Le caractère glauque du récit s'accentue au fur et à mesure, jusqu'à la révélation finale éclairant le maintien de cet équilibre démographique.

Shacham est une nouvelle vampirique singulière. Vers la fin du 18ème siècle, les derniers vampires, traqués de toute part, sont victimes d'un mal inconnu les empêchant de contaminer autrui par la morsure. Leur communauté déclinante se scinde alors en trois courants d'opinions. Les uns défendent une bestialité sans limite jusqu'au dernier souffle, les autres tourmentés par ce qui leur reste de morale humaine se terrent et dépérissent en silence. Un troisième groupe tente une approche plus originale en voyageant de par le monde à la recherche d'une possible réponse à leurs questionnements spirituels et à leurs maux. L'un d'entre eux s'initie à des méthodes de décorporalisation issues du shamanisme et du bouddhisme tantrique. Un journaliste en voyage au Bhoutan découvre  par hasard un village pour le moins mystérieux, qui semble ne pas être visible de tous. Il assiste alors aux rituels en question, mais il n'en ressortira pas indemne...
Malgré une mise en place intéressante et un final inattendu, je suis restée quelque peu sur ma faim (ha!ha!), le cœur de la nouvelle ne m'ayant pas paru particulièrement palpitant (la description du rituel shamanique).

Dellamorte Dellamore est l'histoire d'un meurtre cyclique. Un veuf dont la femme est décédée dans un accident de voiture voit le cadavre de celle-ci revenir régulièrement chez lui. N'en pouvant plus, il la tue à chaque fois, mais rien n'y fait. En particulier, elle répète inlassablement une certaine phrase déclenchant chez lui tout un cheminement de pensée, qui amène le lecteur à s'imaginer la conclusion de l'histoire d'une certaine manière (je n'en dis pas plus). La fin semblait prévisible mais se révèle très surprenante encore une fois.

La nouvelle Comme au premier jour m'a laissée perplexe, tant la construction de cette intrigue policière est menée d'une étrange façon. N'ayant par conséquent pas réussi à m'immerger dedans, je ne saurai en dire plus et en ressors déçue. 

Partie II : Science-Fiction

L'Autre Moi est une nouvelle sur le voyage dans le temps assez spéciale. En 2064, le psychiatre Neuenberger persuade son patient Matthias d'essayer une thérapie d'un nouveau genre. Le but est de lui injecter des nanobots antimnésiques afin de détruire les événements traumatiques de son passé. Mais l'expérience ne se passe pas tout à fait comme prévu...
Alors encore une fois j'ai eu du mal à m'immerger. Cela est sûrement du à la mise en forme de la nouvelle mais aussi à la psyché de Matthias à laquelle je n'ai pas adhéré. Je ne suis d'ailleurs pas sûre d'avoir compris la fin.

Demain les Eidolies nous expose le Mouvement pour la Maïeutique de Surface créée par Desmond Torrent. Cela serait stupide que j'essaye de vous résumer ce concept, je vais donc m'abstenir. Je tiens aussi à garder intacte la perplexité qui se dégage de son intitulé pour mieux vous laisser surprendre.
Il s'agit donc d'une nouvelle très complexe mais qui n'en reste pas moins intéressante.

Dans Trouver les mots, le conteur Jeff Karason couche sur le papier sa dernière histoire : l'échec de la colonisation de la planète Xinsheng par la perte progressive du langage.
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle qui nous interroge de manière poétique sur l'importance vitale du langage pour nous sortir de notre bestialité.

Adam s'éveille progressivement dans l'Éden, il y découvre Ève bien sûr mais les jours passent et au comble de l'ennui il finit par se demander qui il est, où il est et ce qu'il fait là. Il part en quête de réponses et se rend compte qu'il est en fait dans son PV. Je ne peux en dire plus sur ces énigmatiques initiales, vous découvrirez leur sens en lisant cette agréable nouvelle bien sûr !

La réflexion oscille entre aliénation du corps, quête identitaire, paradis artificiels ou illusoires, nécessité du langage... La plupart des nouvelles de ce recueil suscitent des questionnements profondément liés à la chute de chaque histoire, j'ai donc préféré ne pas les dévoiler et donc conclure d'une manière générale sur les thématiques abordées. Au final, malgré quelques bémols mineurs, un premier recueil prenant, cohérent, bien écrit et intéressant dont je vous recommande la lecture !

CITRIQ

dimanche 13 janvier 2013

Women in Chains - Thomas DAY



  Titre : Women in Chains, petite pentalogie des violences faites aux femmes
Auteur : Thomas DAY
Édition : ActuSF 
Illustration : Diego TRIPODI
Genre : Fantastique
Format : Nouvelles
Parution : 2012
Pages : 210
Prix : 12 euros


C'est la première fois que je lis une œuvre de Thomas DAY. A la fin de ma lecture, je ne suis ni déçue ni franchement emballée. Malgré sa réputation de livre violent et terrible dont on ne ressort pas indemne ou indifférent, je dois dire que je ne partage pas ce sentiment. Il s'agit assurément d'un livre violent mais les ambiances malsaines ou glauques de façon insidieuse me touchent plus que la violence directe ou le gore.

Commençons par le commencement : la préface de Catherine DUFOUR. A vrai dire, je n'ai aucun avis, elle m'a laissé indifférente ce qui la rend à mon sens dispensable. Elle n'apporte pas d'informations particulières (on les retrouvera dans quelques notes à la fin du recueil) mais juste un bref résumé de ce qui va suivre. Je précise quand même que j'apprécie son titre qui a le mérite de donner le ton du recueil : Guide du queutard, guide du désespoir.

La Ville féminicide (une nouvelle présente aussi dans le recueil Utopiales 2010) ouvre les festivités à Ciudad Juarez au Mexique. Bien que l'histoire soit inspirée de faits réels sur les mortes de Juarez, l'intention de l'auteur m'a  manifestement échappé car je n'en ai pas vu l'intérêt. C'était le mal pour le mal avec de la violence rapide et gratuite. La violence trop rapidement exécutée me marque bien moins que la violence lente voire subtile, qui monte en puissance. Je sais qu'on ne peut pas faire un profil psychologique dans une nouvelle mais j'aurais aimé sentir une certaine tension pendant les passages de violence.

Direction le proxénétisme en Allemagne et au Cameroun avec Eros-center. On y suit le parcours de Félicité/Joy, une prostituée camerounaise d'un Eros-center de Francfort, qui n'arrive pas à se sortir de sa condition à cause de la magie noire émanant de son proxénète. Et son sauveur n'est autre que Orhan, un immigré turc puceau, qui tombe sous son charme ! Le récit dépeint assez bien les désillusions de ces filles. J'ai trouvé l'idée de mettre les chapitres dans le désordre plutôt intéressante, il convient donc de garder tous les éléments en mémoire. La fin m'a énormément déçue, l'affaire est résolue beaucoup trop rapidement et facilement à mon goût. Je n'ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants et je ne peux même pas me réjouir pour Félicité.

Tu ne laisseras point vivre... est la nouvelle que j'ai préférée dans ce recueil. Cassandra, une jeune anglaise nymphomane, s'exile au Groenland pour fuir sa malédiction familiale (visions prophétiques) et ses démons. On découvre la nouvelle vie qu'elle essaye de se construire, vie faite de débrouilles et de solitude (ou presque). Mais ses démons finiront par la rattraper malheureusement. J'ai trouvé Cassandra attachante, on a envie qu'elle s'en sorte mais j'ai quand même apprécié la fin car elle montre la dureté de la vie et des Hommes.

Nous sommes les violeurs (parue dans le Bifrost n°62) nous embarque dans un futur Afghanistan lors d'une commission pour le devoir de mémoire post-amnistie de la guerre contre la culture du pavot. On apprend des détails sur un épisode de cette guerre à travers les témoignages d'une victime et d'un groupe de mercenaires qui utilisaient le viol comme arme de guerre. La mise en forme est originale, plaisante et efficace. Le délire philosophique de Toubib est surprenant et dérangeant mais très intéressant. En plus, les personnages ne sont pas manichéens. Très bonne nouvelle !

Poings de suture termine le recueil sur une note plus positive (revanche symbolique de Samira sur les violences domestiques qu'elle a subies) Cependant, cette nouvelle n'a d'intérêt que si elle fait partie du présent recueil et non lue de façon isolée.

Au final, trois bons textes, un qui me laisse perplexe et un qui m'indiffère. Même si je ne suis pas pleinement convaincue, je vous recommande de lire Women in Chains car ce recueil est très bien écrit, très varié et laisse à penser sans être moralisateur.

CITRIQ

mardi 1 janvier 2013

Bonne Année 2013 !


Je vous souhaite une très bonne année 2013 remplie de rencontres, de lectures, de découvertes et de petits bonheurs en perspective !

Je ne peux pas faire de bilan de mes chroniques pour l'année 2012 mais je compte faire de mon mieux pour enrichir ce blog et avoir un magnifique bilan 2013 !